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L’entreprise du Nouveau Monde : le bien-être des individus au coeur des opérations

28 Mar 2022 Christophe FONTAINE entreprise

"Métro, boulot, dodo". Cinquante ans après sa création, ce slogan est loin de faire rêver les nouvelles générations en France. Une partie des millennials s’oriente vers un autre paradigme, qui place le bien-être personnel avant l’entreprise. Cela va pousser l'entreprise à opérer un changement de paradigme et replacer l'individu au centre de ses préoccupations. De façon simultanée, une poussée apparaît à travers la RSE (Responsabilié Sociétale de l'Entreprise) et la QVT (Qualité de Vie au Travail). L'entreprise intègre ainsi progressivement des préoccupations de bien-être et d'épanouissement des salariés. La compétition entre les entreprises pour attirer et conserver les talents fait déjà émerger une nouvelle génération d'entreprise. Quelles mutations sont nécessaires ?

La nécessité de revoir les pratiques RH dès la phrase de recrutement

Dans le domaine du recrutement, le constat est clair : aujourd’hui, recruter, c’est autant « séduire » que sélectionner. Pour attirer les candidats, de nombreuses entreprises font d’ailleurs preuve de plus en plus de créativité : stratégies de recrutements ludiques et orientées « nouvelles technologies », « serious games », réalité virtuelle… tous les moyens sont bons pour séduire et attirer les millennials ! Attention cependant, car si les générations Y et Z sont friandes de nouvelles technologies, elles sont également particulièrement sensibles aux valeurs de leur employeur et privilégient la transparence. Il est donc crucial d’instaurer, dès le début de la relation, un lien de confiance et de respect mutuel. « Séduire », oui ; « duper », non ! Le processus de recrutement doit ainsi clairement mettre en avant les profits des deux parties. L’employeur doit se montrer transparent quant au fonctionnement de l’entreprise, du poste, de ses missions et des perspectives d’évolution, et doit également cerner la personnalité et les attentes du candidat, afin de pouvoir y répondre au mieux.

L’évaluation des « softskills », des besoins et des leviers de motivation est de plus en plus nécessaire et dans les processus de recrutement. Si elle est de plus en plus fréquente, elle n’est pas pour autant systématique. Les nouvelles générations sont aussi très affutées sur la différence entre le discours, l’image construite et la réalité de l’entreprise. Là où les entreprises de l’ancien monde essaient par la communication de corriger la réalité de leur fonctionnement voire de se construire une nouvelle image, les nouvelles générations sont vigilantes sur ces manipulations inconscientes ou non des entreprises. L’information circule bien et vite entre les jeunes de ces générations. Ils croisent les informations, vont au contrôle des dires. Si une fois dans l’entreprise,  le stratagème apparaît, ils n’hésitent pas à partir pour ne pas se lancer dans une aventure qui ne leur correspond pas.

recrutement RH

Redonner du sens au travail, favoriser l’apprentissage et l’évolution personnelle

Les millennials veulent exercer leurs savoir-faire et en développer de nouveaux : ils n’aiment pas s’ennuyer. Preuve en est avec le phénomène des « slashers » qui cumulent plusieurs jobs en même temps. Leur vision du travail ne correspond pas uniquement à la notion de « gagner sa vie » mais à un développement continu, une quête de sens ; il est donc crucial de leur donner des possibilités d’évolution et de développement, en accord avec leurs aspirations. Faire progresser, ce n’est pas uniquement promouvoir : c’est aussi proposer des formations, diversifier les projets et les missions, responsabiliser le salarié, récompenser avec des primes, élaborer un plan de carrière…ou tout simplement faire des points réguliers afin de s’assurer de l’adéquation des actions mises en place avec les aspirations du salarié.

Selon la dernière étude « Les Français et l’Emploi », 82% des 18-34 ans citent comme critère prioritaire, dans leur recherche d’un emploi, le fait de bénéficier de formations. Par ailleurs, les millennials ont besoin d’exercer une activité en accord avec leurs valeurs et de se sentir utiles. Interrogés sur le sujet dans notre baromètre, 77% des 18-34 ans citent comme important le fait de travailler dans une entreprise éthique. Il est donc essentiel que les entreprises intègrent les problématiques sociétales et environnementales dans leur modèle économique. On peut noter à ce stade une forme de convergence entre les attentes des nouvelles générations et les préoccupations croissantes des entreprises pour les aspects RSE (Responsabilités Sociétales de l’Entreprise). La RSE recoupe les demandes croissantes de Qualité de Vie au Travail des salariés qui veulent que l’entreprise s’intègre harmonieusement dans leur vie et ne se limite plus  un simple lieu de « souffrance contre salaire ».

Libérer et adapter l’approche managériale

Les générations Y et Z tendent à avoir une vision différente du management. Moins sensibles à l’autorité, ils valorisent principalement les compétences et l’attitude, signes pour eux de légitimité managériale. Ils ont besoin de bénéficier d’une approche managériale participative leur conférant une certaine liberté et plébiscitent le respect (75%) et l’écoute (68%) comme qualités recherchées en priorité chez leur manager. Face à cela, choisir d’adopter un fonctionnement en « mode projet » permet d’évoluer dans un contexte axé davantage sur le collaboratif, dans un cadre plus flexible et plus consultatif qui attire les millennials. Il est important que les employeurs puissent former leurs managers à cette nouvelle approche moins traditionnelle du management : c’est une démarche qui prend du temps et qui nécessite un accompagnement.

De nombreux centres de formation, conscients de cette problématique, proposent aujourd’hui différents parcours permettant d’aider les managers à adapter leur approche au mode de fonctionnement de ces nouvelles générations. La société MAITRI-OI se retrouve dans cette tendance mais se différencie par ses outils et ses intentions. La maîtrise d’outils n’est plus suffisante, il ne s’agit pas seulement de grandir en connaissance intellectuelle voire mentale mais aussi de grandir intérieurement. Il est nécessaire de prendre conscience de ce que nos paramètres internes altèrent notre vision du monde. Il est important de désactiver les empreintes émotionnelles qui peuvent perturber les managers et les managés. Le développement de sa stabilité intérieure et de son ancrage permettent de transformer la relation parent / parent (au sens Analyse Transactionnelle) des entreprises d’hier en relation adulte / adulte dans laquelle les acteurs travaillent conjointement à la résolution d’une difficulté commune. Seules ces profondes mutations de l’entreprise permettront d’attirer et de conserver les talents de ces nouvelles générations.

Management de millenials

Favoriser un environnement de travail épanouissant et flexible

Si le besoin de bien-être au travail n’est pas spécifique aux millennials, il se hisse pour ces derniers en tête des priorités. Le bureau est un lieu de travail mais c’est aussi un lieu de vie et d’épanouissement. Les entreprises qui favorisent les espaces de détente, de repos ou salles de sport sont donc particulièrement attractives pour les millennials. Pour apporter cet aspect ludique à l’environnement de travail, de nombreux employeurs mettent également en place des « incentives » ou team building, voire font appel à un « Feel Good Manager », dont l’objectif est de garantir la cohésion d’équipe et le bien-être des salariés au travail. Enfin, le bien-être passe également par l’ergonomie: les salariés sont de plus en plus attentifs au matériel, à l’état des locaux, aux diverses nuisances et au confort de manière générale. Ils se projetent plus facilement dans une entreprise qui met l’accent sur la notion de santé au travail, notamment via des démarches de prévention des Risques Psychosociaux.

Les millennials souhaitent pouvoir allier travail et aléas de la vie quotidienne. Selon les résultats 2018 du baromètre « Les Français et l’Emploi », si 41% des salariés jugent important d’avoir des horaires de travail flexibles pour leur prochain poste, ce pourcentage monte à 46% chez les 18 – 29 ans et à 51% chez les 30 – 34 ans. Ces générations hyper-connectées attendent, de plus, de retrouver un environnement professionnel reflétant le monde dans lequel ils ont grandi : flexible, réactif, rapide... Les employeurs peuvent, grâce à des solutions informatiques et technologiques, permettre aux salariés d’avoir des horaires adaptables, de travailler en « home-office » ou télétravail, depuis des lieux de travail différents ou encore en flex-office où le salarié n’a pas de bureau attitré. Des structures spécifiques de consulting et de conseil existent pour accompagner les entreprises dans la mise en place de ces méthodes de travail et l’optimisation de celles-ci.

Sieste au travail

En conclusion...

Vous l’aurez compris, les millennials sont une génération de salariés au caractère bien trempé et aux exigences affirmées ! Si leur environnement de travail ne leur convient pas, ils n’hésiteront pas à s’envoler vers de nouveaux horizons, Alors, adapter son entreprise aux exigences des millennials, est-ce un retour sur investissement durable ? Oui, puisque le turn-over représente toujours un coût pour un employeur, que les générations Y et Z ne sont que les précurseurs des futurs actifs qui entreront sur le marché du travail et qu’il y a fort à parier que ces derniers seront autanti, voire plus, exigeants que leurs prédécesseurs ! N’oublions pas, par ailleurs, que les millennials favorisent des évolutions dans les entreprises, les rendant ainsi plus « en phase » avec les transformations du monde actuel... Il est aussi intéressant de pointer ici la convergence de cette transformation avec la poussée du concept de RSE.

La prise de conscience, par les consommateurs, est croissante : impact des produits qu’ils achètent sur l’environnement, avec notamment les questions liées à la pollution, mais aussi sur l’humain en termes de préservation de l’emploi, de pénibilité du travail, d’hygiène et de sécurité, de risques psychosociaux. Les trois derniers aspects sont d’ailleurs au cœur de ce que l’on nomme la QVT (Qualité de Vie au Travail). QVT et RSA se nourrissent mutuellement et contribuent à la prise en compte de plus en plus centrale du bien-être au travail des salariés. Ceci constitue un changement de paradigme, ou à tout le moins une raison de s’interroger sérieusement sur ce qui fait la finalité d’une entreprise. Cette finalité ne peut être uniquement financière, l’activité d’une firme ayant des impacts sur tous ses publics, des collaborateurs aux candidats, des clients aux fournisseurs. Le dénominateur commun entre QVT et RSE tient peut-être dans le mot « respect » : respect de l’homme, de son environnement, de sa qualité de vie, de sa planète. Il ne s’agit pas de candeur ou d’idéalisme, mais d’orienter globalement la façon dont nous vivrons demain : en travaillant dans quel but, de quelle façon, et dans quel monde. Il est temps de faire de l'entreprise un lieu de vie et d'épanouissement et de couper avec la vision passée d'un lieu de souffrance, de stress voire d'esclavage.

Vous souhaitez attirer les meilleurs talents dans votre entreprise ?

Christophe Fontaine vous accompagne dans la compréhension des facteurs pouvant améliorer l'attractivité de votre entreprise dans le recrutement de jeunes talents.


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